Virus session 04 : vous avez dit Tabasco?

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Les couleurs surréalistes du Tabasco

Le Tabasco est plus connu sur les tables que sur la carte du Mexique! C’est pourtant un État du pays important économiquement et culturellement, mais négligé par le tourisme, alors que certains le considèrent comme l’Eden.

Aymeric
, notre envoyé spécial au Mexique, l’a parcouru et nous en parles. Le texte de sa chronique suit plus bas.

Bonne écoute!

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Karmito et Chico Che, deux des grande stars de la musique du Tabasco.

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Jaguars et Cojos au carnaval de Tenosique

Vous avez dit Tabasco, comme la sauce ?

VERSIÓN EN ESPAÑOL

Vivant au Chiapas et passant souvent à Palenque, je me devais de connaître un peu mieux nos proches voisins, dont le nom a été rendu populaire par une marque de sauce, et dont un des dictons est que «Tabasco est l’Eden ». L’idée était donc de sonder cette image d’Epinal, d’essayer de comprendre son origine et d’en profiter pour satisfaire ma curiosité par rapport à ce qui est une Aire Naturelle Protégée de grande importance : les « Pantanos de Centla », 300000 hectares de marais, situés entre l’État du Tabasco et celui de Campeche voisin.

Au vu d’un dépliant glané lors d’un passage précédent dans les parages je décide de quitter Villahermosa, la capitale, pour « Frontera », une ville dont je me rappelais qu’elle avait été une des premières villes a être fondée par les espagnols au Tabasco. C’est d’ailleurs à Centla qu’a eu lieu la première bataille gagnée par les espagnols. C’était en 1519, un petit nombre d’espagnols affrontèrent un nombre plus important d’indigènes Chontales. Ce fut, (selon Luis Barjau, chercheur à l’I.N.A.H) le premier chapitre formel de la conquête.

Arrivée à Frontera. Direction les « Pantanos »: on démarre en trombe dans un petit bus, colectivo, avec un jeune qui conduit à fond, avec la musique (à fond aussi) et fait la route qui mène à Jonuta, plus au sud. Le long de la route, de l’eau, et des pêcheurs, affairés autour de leurs filets. Arrivé sur place, en bordure d’un grand fleuve, je suis le seul : on n’est pas en saison. Je me décide à embarquer avec Gerardo, sur el « Chimay » (biche en langage indigène chontal).

On se retrouve dans des canaux d’eau, et à un moment, en concurrence avec un autre canot, je me crois dans les Everglades, comme dans un film de James Bond. On croise des maisons de pêcheurs et je retrouve les mangroves, si caractéristiques des pays tropicaux, comme au Nordeste du Brésil, où j’ai jadis séjourné. Gerardo me rappelle leur intérêt écologique: outre le fait qu’elles peuvent amortir les crues de la mer, beaucoup de poissons se reproduisent dans leurs racines à l’abri des oiseaux. Gerardo me confie: « je « mastique » un peu le chontal… ». Il n’est pas très bavard mais répond à toutes mes questions sur la faune avec précision, et il en rajoute même sur la flore: j’apprends que la « palme ronde » -dont on fait les toits de maisons- ne doit pas être coupée pendant la pleine lune car c’est le moment où la sève est dans toute la plante (et donc elle met plus de temps à sécher).

On se faufile entre les arbres, au plus proche des mangroves « rouges »

Coté oiseaux (un des buts de la visite) il y en a, bien sur, mais la majorité sont connus, pas de découverte véritable, à part peut-être le « carga huesos », une sorte d’aigle (aussi appelé « Caracara ») assez proche par sa silhouette et sa taille, des vautours qu’on voit partout mais dont la particularité est -selon Gerardo- qu’il lâche ses proies de haut, pour mieux en casser les os. A part lui, nombre hérons « verts », gris, bleus, nocturnes-à col clair, la jacana, des iguanes, très oranges (selon Gerardo c’est leur période de reproduction et le mâle prend cette couleur pour se mettre en valeur) et des crocodiles de l’espèce Moreleti.

le « Caracara »

Puis, on visite le 3 brazos, ou lieu où se rejoignent trois fleuves, ou trois « bras », et Gerardo m’éclaire sur les noms : hormis les deux connus, (Usumacinta et Grijalva) le troisième est appelé « San Pedro », mais était anciennement appelé « deposito », (dépôt) car, étant le seul à ne pas être envahi par l’eau salée c’était celui que les exploitants de bois utilisaient pour amener les troncs de bois précieux, comme l’acajou, vers le golfe du Mexique. Cela a d’ailleurs valu à la ville de Frontera de devenir importante à la fin du XIXème siècle.

 

De retour en ville, je fais un arrêt pour me sustenter à la « Fonda Mary », dans le marché, avec vue en terrasse sur le port et un superbe coucher de soleil sur le fleuve. Cela complète et termine cette première journée très réussie. Le lendemain, changement de décor prévu et départ en direction du site archéologique et de la ville de Comalcalco, (réputée pour son cacao) en imaginant un petit arrêt plage à Paraiso (paradis). A la sortie différentes peintures rappellent les soubresauts de l’histoire de la région, dont cet épisode marquant, celui de l’arrivée des espagnols. Je craque pour l’une d’elles

8h45, montée à l’arrache dans un de ces bus, qui s’arrêtent à peine quand il s’agit d’embarquer quelqu’un (encore un clin d’œil vers le Brésil) et dans lequel le chauffeur me baragouine quelque chose quand je veux le payer, à n’y rien comprendre (là pour le coup on est dépaysé…). Fenêtres ouvertes bien sûr et quand il s’arrête dans les villages et que de vrais gens, des femmes, des mamy avec leurs petits-enfants, montent, on se sent en prise avec la réalité. Tout le contraire du voyage de la veille, en direction de Frontera, dans un bus de la compagnie ADO, où c’est tout juste si on voyait quelque chose -par les fenêtres, et même à l’intérieur- les gens ne s’étant même pas donné la peine d’ouvrir les rideaux.

Le trajet passe vite et, vers la fin, la route est bordée par de nombreux restaurants, de fruit de mer mais on ne voit que le fleuve. Il s’agit du lieu-dit « Chiltepec ». Je continue néanmoins mais regretterai de ne m’être pas arrêté là. Là où j’atterrirais enfin, la plage, située aussi à 15 min du centre mais dans une autre direction ne valait pas un peso. Le chauffeur m’avait pourtant prévenu, en forme de boutade peut-être, car à ma question « comment est la plage ? » il m’a répondu…« mouillée ». Par ailleurs le fait que l’hôpital, aperçu à l’entrée du bourg, était sponsorisé par Pemex (principale compagnie pétrolière) aurait pu me mettre la puce à l’oreille.

La réalité est que, pour arriver à cette plage il fallu passer à côté de différents chantiers, et remarquer, ici et là sortant du sol, des tiges jaunes avec écrit dessus « danger, tubes à haute pression ». Et que quand on trouve enfin l’accès et qu’on découvre la mer, 3 ou 4 plates-formes pétrolières en ornent la surface à différents points. Un paradis ? Peut-être, pour les rois du pétrole, mais pas pour les plaisanciers. Et c’est pourtant le long de cette route que je tombe sur cet écriteau : « bienvenue au Tabasco, terre de l’Eden ». Il y a au Mexique une dose de surréalisme qui n’avait pas échappé à André Breton. Quand au Tabasco il y a lieu de se demander ce qu’il reste de la vision idyllique propagée par Pepe del Rivero dans les années 60 avec sa chanson « A Tabasco » et qui a été relayée de moultes façons. Sans parler des conséquences qu’a provoquée l’immiscion, après les années 2000, de membres des cartels dans cet Etat riche de par son pétrole et qui plus est situé à un carrefour.

Il faudra toute la sympathie d’Alberto, émigré originaire de Veracruz et vendeur de pozol pour me remettre de ces quelques pas dans cet Eden aveuglé par l’or noir. Mais au fond le Tabasco reflète sans doute assez bien les contradictions d’un pays qui cherche à se développer tout en préservant ses ressources naturelles.

Aymeric Lehembre

« Vous avez dit Tabasco, comme la sauce» ?

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« Vous avez dit Tabasco, comme la sauce» ?

VERSIÓN EN ESPAÑOL

Vivant au Chiapas et passant souvent à Palenque, je me devais de connaître un peu mieux nos proches voisins, dont le nom a été rendu populaire par une marque de sauce, et dont un des dictons est que «Tabasco est l’Eden ». L’idée était donc de sonder cette image d’Epinal, d’essayer de comprendre son origine et d’en profiter pour satisfaire ma curiosité par rapport à ce qui est une Aire Naturelle Protégée de grande importance : les « Pantanos de Centla », 300000 hectares de marais, situés entre l’État du Tabasco et celui de Campeche voisin.

Au vu d’un dépliant glané lors d’un passage précédent dans les parages je décide de quitter Villahermosa, la capitale, pour « Frontera », une ville dont je me rappelais qu’elle avait été une des premières villes a être fondée par les espagnols au Tabasco. C’est d’ailleurs à Centla qu’a eu lieu la première bataille gagnée par les espagnols. C’était en 1519, un petit nombre d’espagnols affrontèrent un nombre plus important d’indigènes Chontales. Ce fut, (selon Luis Barjau, chercheur à l’I.N.A.H) le premier chapitre formel de la conquête.

Arrivée à Frontera. Direction les « Pantanos »: on démarre en trombe dans un petit bus, colectivo, avec un jeune qui conduit à fond, avec la musique (à fond aussi) et fait la route qui mène à Jonuta, plus au sud. Le long de la route, de l’eau, et des pêcheurs, affairés autour de leurs filets. Arrivé sur place, en bordure d’un grand fleuve, je suis le seul : on n’est pas en saison. Je me décide à embarquer avec Gerardo, sur el « Chimay » (biche en langage indigène chontal).

On se retrouve dans des canaux d’eau, et à un moment, en concurrence avec un autre canot, je me crois dans les Everglades, comme dans un film de James Bond. On croise des maisons de pêcheurs et je retrouve les mangroves, si caractéristiques des pays tropicaux, comme au Nordeste du Brésil, où j’ai jadis séjourné. Gerardo me rappelle leur intérêt écologique: outre le fait qu’elles peuvent amortir les crues de la mer, beaucoup de poissons se reproduisent dans leurs racines à l’abri des oiseaux. Gerardo me confie: « je « mastique » un peu le chontal… ». Il n’est pas très bavard mais répond à toutes mes questions sur la faune avec précision, et il en rajoute même sur la flore: j’apprends que la « palme ronde » -dont on fait les toits de maisons- ne doit pas être coupée pendant la pleine lune car c’est le moment où la sève est dans toute la plante (et donc elle met plus de temps à sécher).

On se faufile entre les arbres, au plus proche des mangroves « rouges »

Coté oiseaux (un des buts de la visite) il y en a, bien sur, mais la majorité sont connus, pas de découverte véritable, à part peut-être le « carga huesos », une sorte d’aigle (aussi appelé « Caracara ») assez proche par sa silhouette et sa taille, des vautours qu’on voit partout mais dont la particularité est -selon Gerardo- qu’il lâche ses proies de haut, pour mieux en casser les os. A part lui, nombre hérons « verts », gris, bleus, nocturnes-à col clair, la jacana, des iguanes, très oranges (selon Gerardo c’est leur période de reproduction et le mâle prend cette couleur pour se mettre en valeur) et des crocodiles de l’espèce Moreleti.

le « Caracara »

Puis, on visite le 3 brazos, ou lieu où se rejoignent trois fleuves, ou trois « bras », et Gerardo m’éclaire sur les noms : hormis les deux connus, (Usumacinta et Grijalva) le troisième est appelé «  San Pedro », mais était anciennement appelé «  deposito », (dépôt) car, étant le seul à ne pas être envahi par l’eau salée c’était celui que les exploitants de bois utilisaient pour amener les troncs de bois précieux, comme l’acajou, vers le golfe du Mexique. Cela a d’ailleurs valu à la ville de Frontera de devenir importante à la fin du XIXème siècle.

 

De retour en ville, je fais un arrêt pour me sustenter à la « Fonda Mary », dans le marché, avec vue en terrasse sur le port et un superbe coucher de soleil sur le fleuve. Cela complète et termine cette première journée très réussie. Le lendemain, changement de décor prévu et départ en direction du site archéologique et de la ville de Comalcalco, (réputée pour son cacao) en imaginant un petit arrêt plage à Paraiso (paradis). A la sortie différentes peintures rappellent les soubresauts de l’histoire de la région, dont cet épisode marquant, celui de l’arrivée des espagnols. Je craque pour l’une d’elles

8h45, montée à l’arrache dans un de ces bus, qui s’arrêtent à peine quand il s’agit d’embarquer quelqu’un (encore un clin d’œil vers le Brésil) et dans lequel le chauffeur me baragouine quelque chose quand je veux le payer, à n’y rien comprendre (là pour le coup on est dépaysé…). Fenêtres ouvertes bien sûr et quand il s’arrête dans les villages et que de vrais gens, des femmes, des mamy avec leurs petits-enfants, montent, on se sent en prise avec la réalité. Tout le contraire du voyage de la veille, en direction de Frontera, dans un bus de la compagnie ADO, où c’est tout juste si on voyait quelque chose -par les fenêtres, et même à l’intérieur- les gens ne s’étant même pas donné la peine d’ouvrir les rideaux.

Le trajet passe vite et, vers la fin, la route est bordée par de nombreux restaurants, de fruit de mer mais on ne voit que le fleuve. Il s’agit du lieu-dit « Chiltepec ». Je continue néanmoins mais regretterai de ne m’être pas arrêté là. Là où j’atterrirais enfin, la plage, située aussi à 15 min du centre mais dans une autre direction ne valait pas un peso. Le chauffeur m’avait pourtant prévenu, en forme de boutade peut-être, car à ma question « comment est la plage ? » il m’a répondu…« mouillée ». Par ailleurs le fait que l’hôpital, aperçu à l’entrée du bourg, était sponsorisé par Pemex (principale compagnie pétrolière) aurait pu me mettre la puce à l’oreille.

La réalité est que, pour arriver à cette plage il fallu passer à côté de différents chantiers, et remarquer, ici et là sortant du sol, des tiges jaunes avec écrit dessus « danger, tubes à haute pression ». Et que quand on trouve enfin l’accès et qu’on découvre la mer, 3 ou 4 plates-formes pétrolières en ornent la surface à différents points. Un paradis ? Peut-être, pour les rois du pétrole, mais pas pour les plaisanciers. Et c’est pourtant le long de cette route que je tombe sur cet écriteau : « bienvenue au Tabasco, terre de l’Eden ». Il y a au Mexique une dose de surréalisme qui n’avait pas échappé à André Breton. Quand au Tabasco il y a lieu de se demander ce qu’il reste de la vision idyllique propagée par Pepe del Rivero dans les années 60 avec sa chanson « A Tabasco » et qui a été relayée de moultes façons. Sans parler des conséquences qu’a provoquée l’immiscion, après les années 2000, de membres des cartels dans cet Etat riche de par son pétrole et qui plus est situé à un carrefour.

Il faudra toute la sympathie d’Alberto, émigré originaire de Veracruz et vendeur de pozol pour me remettre de ces quelques pas dans cet Eden aveuglé par l’or noir. Mais au fond le Tabasco reflète sans doute assez bien les contradictions d’un pays qui cherche à se développer tout en préservant ses ressources naturelles.

Aymeric Lehembre

Virus session 03 : La tango tordu de Daniel Melingo

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Daniel Melingo est un musicien argentin que nous avions découvert vers 2007. Ce personnage avait déjà vécu pas mal de vies différentes avant de redécouvrir la musique de ses origines, le tango de Buenos Aires.

Alors qu’il sort Oasis, son album le plus expérimental, retour sur cet artiste total et irrévérencieux.

Concert
Jeudi 24 septembre 2020
De Roma (Anvers, Belgique)

Biographie

1957, il nait à Buenos Aires, dans le quartier de Balvanera et du Parc Patricios
Il prend des cours de clarinette et guitare classique à l’académie de musique nationale Carlos López Buchardo
Il suit des études de Musicologie, Ethnomusicologie and Composition à l’académie municipal Manuel de Falla de l’Univercité Catholique d’Argentine.

1978, fuyant la dictature militaire, il s’installe au Brésil et participe au groupe Agua de Milton Nascimento.

1982, il rentre au pays où il rejoint les forces vives du rock de l’époque, Los Abuelos de la Nada.

1983, il fonde Los Twist, un groupe populaire de rock’n’roll surréaliste.

1986, il part à Madrid, alors en pleine Movida. Il joue avec les punks Los toreros muertos et fonde un groupe reggae funk :

Il y a moyen d’entendre et même de voir tous ces épisodes sur YouTube, mais musicalement, nous sommes dans une période qui vieillit très mal…

1995, H2O, un premier album solo , inspiré de la bande dessinée de science-fiction El Eternauta de ‘Cachorro’ López, musicalement dans la même veine que ces albums de groupes précédents.

1997, il rentre à Buenos Aires. Il anime une émission TV Mala Yunta pour une chaine câblée Sólo Tango, dans laquelle il invite des musiciens rock à jouer du tango.

1998 : Tangos Bajos

2000 : Ufa!

2004, le guitariste Eduardo Makaroff, tiers argentin de Gotan Project, lui propose de rejoindre le label qu’il vient de créer Mañana et lui ouvre les portes d’une carrière européenne.

2004 : Santa Milonga (compilation de ces albums Tangos Bajos et Ufa! pour le marché européen)

2007 : Maldito Tango

2011 : Corazón y Hueso

2014 : Linyera (1er de la trilogie)

2016 : Anda (2eme de la trilogie)

2020 : Oasis (3eme de la trilogie)

Virus Session 02 : nouveaux CDs divers

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Parmis la dizaine de CD porésentés ici, nos conseils : le trio chypriote Monsieur Doumani et le vétéran du reggae : Dallas

Pour cette deuxième session de confinement, je vous propose des nouveautés diverses, sortie entre la fin 2019 et le début 2020. Seul l’excellent disque de Monsieur Doumani est un rattrapage de l’année 2018 et ça en vaut fichtrement la peine!

1) Hey, you – Monsieur Doumani – 4:32 – Angathin – 2018

“Angathin” (épine) est le 3ème album. Le groupe invite une foule d’invités, allant de l’auteur-compositeur chypriote Alkinoos Ioannides et le chanteur folk Michales Terlikkas, au rappeur chypriote Juaio et au compositeur chypriote Andreas Kameris. Avec 2 ans de retard, nous vous présentons cet album, passé sous nos radars. Ça vaut vraiment le coup, l’énergie quasi burlesque, mais bien grecque est omniprésente! Les chansons, bien agencées, bien plantées dans leurs racines chypriotes, nous enchantent du début à la fin de ce disque!

2) Los Chucos Suaves (feat. Macha) – Son Rompe Pera – 3:13 – Batuco – 2020

La marimba mexicaine, contrairement à celle de Colombie, était resté obstinément jouée dans un répertoire patrimonial peu intéressant. Voici donc des punks de Naucalpan De Juárez qui s’en emparent et enfin la tire de l’immobilisme muséal. Ça pourrait encore être affiné comme utilisation de l’instrument, mais c’est le revers de la bonne énergie deployée ici! Un peu brouillon, mais bouillonnant!

3) Kon Kon Sa – Onipa – 4:05 – We No Be Machine – 2020

Collaboration de longue date entre Tom Excell, leader, guitariste et compositeur du combo jazz/afrobeat Nubiyan Twist, et K.O.G, alias Kweku of Ghana. La fusion est toujours risquée entre l’Afrique et la scène “dance” européenne. Il s’agit de voir l’objectif : une histoire d’amitié entre musiciens avec un projet original ou un concept modelé pour cartonner? On oscille clairement d’un côté à l’autre dans cet album éclectique. L’électronique de l’album manque un peu d’âme à force de singer l’afro-beat electro africain et le new disco occidental. Il se dégage quand même cependant une ambiance organique non dénuée de charme si on prend le temps de creuser chaque morceau.

4) OscilLAdope – Jungle Fire – 2:46 – Jungle Fire – 2020

Ce groupe de très jeunes Bataves a été adoubé par quelques références de l’Afrobeat au début de sa carrière. Depuis, ils continuent sur leur lancée prolifique, avec au minimum un CD par an. À ce rythme, il est clair qu’il y a du déchet sur chaque sortie. Ce dernier, paru au début de l’année, n’est pas le pire de leur production, il y a une bonne moitié de bons rythmes afrorocks bien sentis.

5) Cheat And Start A Fight – Black Market Brass – 5:08 – Undying Thirst – 2020

Ce combo américain, boosté à l’Afrobeat de Fela, ne fait pas dans la dentelle! Ils rappellent le Souljazz Orchestra avant que ces derniers ne prennent la musique pour une blague. Saturation à fond pour des instrumenteaux soul rutillants d’une irrésistible énergie, c’est ce qu’on trouve tout au long de cet album enfumé et survolté!

6) Bania – Majid Bekkas – 6:47 – Magic Spirit Quartet – 2020

Majid Bekkas est un musicien marocain multi-instrumentiste, compositeur, et ex-professeur de guitare classique. Il est également codirecteur artistique du festival jazz au Chellah à Rabat depuis 1996. D’un disque à l’autre, il nous propose des compositions diverses qui incorpore une dose plus ou moins grande de musique du répertoire marocain, gnawa surtout, ou oriental dans son ensemble. Avec son Magic Spirit Quartet, il s’associe avec le trompettiste Goran Kajfeš, suédois de parents croates, leader de Subtropic Arkestra, le clavier Jesper Nordenström du même groupe et le batteur danois Stefan Pasborg. Un disque aux ambiances extravagantes.

7) Amidinin Tad Adouniya – Tamikrest – 3:54 – Tamotait – 2020

Dans le panel de groupe qui propose du blues rock du sahel, et il y en a maintenant un paquet, Tamikrest n’est pas le plus traditionnel. Je promets un beau succès à cet album qui allie efficacité du rock et mélodie touareg sur des chansons bien troussées. Ceci dit, pour apprécier ces décharges de rock, il ne faut pas rechercher la finesse orientale. Le groupe est d’ailleurs aujourd’hui composé d’une bonne moitié de musiciens pop rock français.

8) Raytown Dub (Dub) – Vin Gordon & The Real Rock Band – 4:08 – Heavenless Extended – 2020

On apprécie toujours autant le tromboniste Vin Gordon, son album de reggae roots de l’année passée nous avait pleinement enchantés, la version dub de celui-ci, paraissant cette année nous rappelle autant de bons souvenirs du précédent que nous met en lumière la forme du producteur anglais, Nick Manasseh, une sommité, plus toute jeune, dans le dub britannique.

9) Peace Maker – Dallas – 3:40 – Wake up Community – 2020

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Dallas, né en Jamaïque et grandi à Bristol, Grande Bretagne a commis son premier disque en 1984, il s’appelait “Peace Maker”. Ce morceau ressort, 36 ans après, sur un album où le chanteur retravaille son répertoire avec un producteur dont on apprécie le travail et dont nous venons de parler à propos de l’album de Vin Gordon, Nick Manasseh. Un répertoire qui vaut la peine et un relooking très capiteux!

10) ¡Esta Vivo! (ft Juan Pablo Gallardo) – Melingo – 4:04 – Oasis – 2020

Le Tom Waits du tango argentin revient avec un disque qui poursuit la recherche vers toujours plus d’abstractions. La production rock surprend et déçoit au final. On connait son parcours accidenté débuté dans les 80’s qui ne l’a fait retrouver le tango que depuis le début de ce millénaire. On salue l’audace, mais on le préfère dans le tango du caniveau que dans la dramatisation pathétique de son concept de clodo décoré de beats échappés d’un CD de Bjork des années 90.

11) Streets of Forbes – Varo – 4:09 – Varo – 2020

Musique irlandaise traditionnelle avec des touches d’influences baroques, médiévales et folkloriques, dit la description officielle de leur musique. Deux femmes se piquent de rhabiller un répertoire de musique bien roots de différents pays anglo-saxons avec une garde-robe spatio-temporelle bien plus large que celui-ci, ça donne Varo. Pour moi qui navigue à vue dans ce style de chansons, ça m’ouvre des portes bienvenues à l’appréciation de ce répertoire.

Virus Session 01 : Nouveau CDs du Brésil

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Les conseils de ce début 2020 : la folk-samba éthéré de Tiganá Santana et le foutraque foutoir de Vovô Bebê

En ces temps de confinement forcé, Djiboutik vous propose quelques sessions enregistrées à la maison.

La première virus session vous fera voyager dans toutes les régions et les styles musicaux du Brésil à l’écoute d’une série de nouveaux CDs sortis entre la fin 2019 et le début 2020.

Bonne écoute!

01. Embolado, Engolido – Nath Rodrigues & Chico César – 2:09 – Fractal – 2019

Nath Rodrigues est une multi-instrulentiste, autrice-compositrice et chercheuse en art de la scène, elle se présente e maintenant en solo. La chanson la plus marquante de cet album est le duo avec Chico César, le reste beigne dans la pop rock brésilien assez convenu.

02. Tatará – Sapopemba & Grupo Bongar – 5:47 – Gbo – 2020

Sapopemba est le nom artistique du chanteur et percussionniste alagoan José Silva dos Santos. Il a été peintre mural, mécanicien et conducteur. En tant que chauffeur de camion, José a parcouru des routes qui l’ont conduit à des recoins et des niches de la culture afro-brésilienne. Gbo, le titre de son disque, signifie « écouter » en langue yoruba, il présente un répertoire essentiellement composé de salutations aux orixás (les dieux de la religion Candomblé) bien inspirés avec une instrumentation contemporaine.

03. Wakafalaxto Setsowalha – Povo Fulni-ô – 3:23 – Cafurnas Fulni-ô – 2019

Le peuple Fulni-ô est le seul groupe du Nord-Est à avoir réussi à garder sa propre langue vivante et active, le Ia-tê, ainsi qu’un rituel chamanique qu’ils appellent Ouricuri, qu’ils accomplissent actuellement dans le plus grand secret. Ce disque intéressant mais un peu rébarbatif sur la longueur pour qui n’est pas musicologue, présente une série de chant en langue locale. En cherchant bien, on pourra percevoir quelques similarités avec le forró, la musique plus tardive de la région, qui garde donc une trace des peuples premiers.

04.Foroots – Bombaião – 2:57 – Na pegada do Nordeste – 2020

Bombaião est un trio de forró pé de serra de Curitiba, ville du sud du Brésil. Ils adoptent le format le plus traditionnel du forró pé de serra, honorant la culture du nord-est avec des moyens quand même un peu limités.

05. Folia – Thainá Borges – 3:39 – Criame – 2019

Thainá Borges est une chanteuse, autrice-compositrice et percussionniste née à Itápolis, état de São Paulo. Ses textes sont inspirées par sa trajectoire des champs de canne à sucre à la capitale du Paraná (Sao paolo). Cette samba folk est prometteuse, on attendra une prochaine sortie plus ambitieuse pour s’épancher sur son cas.

06. Peter Gast – Caetano Veloso & Ivan Sacerdote – 5:28 – Caetano Veloso & Ivan Sacerdote – 2020

Caetano Emanuel Viana Teles Veloso dit Caetano Veloso est né le 7 août 1942 à Santo Amaro da Purificação dans l’État de Bahia. Il sort son premier disque en 1967. Il n’est plus vraiment nécessaire de présenter cette tête de pont du mouvement tropicalia des 60’s au Brésil. Un Mouvement qui prônait une fusion entre la pop occidentale de l’époque et le répertoire populaire typique du Brésil. Il nous propose en 2020 une série de chansons enregistrées en duo avec Ivan Sacerdote, un jeune clarinettiste prodige du chorro de Salvador de Bahia. Il faut plusieurs écoutes pour percevoir les subtilités de cette étrange étreinte entre un vieux maître encore vert et un jeune loup encore impressionné par son mentor.

07. A Força – Seu Jorge & Rogê – 6:36 – Night Dreamer Direct-To-Disc Sessions – 2020

Jorge Mário da Silva, dit Seu Jorge, est un musicien et acteur brésilien né le 8 juin 1970 à Belford Roxo, ville industrielle située en périphérie de Rio de Janeiro. Nous l’avons connu avec la chanson Tive Razao, qui a fait son chemin jusque en Europe au début du millénaire. Il nous propose une session enregistrée avec un de ses vieux amis, le chanteur auteur-compositeur Rogê, compère carioca. Un style de session unpluggued prise sur le vif. Quelques saillies de génie réssuscitent le génie érratique de Seu Jorge, qui ces dernières années, s’était un peu englué dans une musique populaire, assumée pour barbecue…

08. Não Vás Preta – Tiganá Santana – 4:13 – Vida-Código – 2020

Le chanteur intello de l’afro-folk brésilien revient avec une formule proche de celle qui l’a fait connaître en Europe. Des chansons éthérées proche d’un Nick Drake tropicale et la douce sauce prend toujours.

09. Boneca Semiótica – Emanuelle Araújo – 3:40 – Quero Viver Sem Grilo,uma Viagem a Jards Macalé – 2020

Emanuelle Araújo, chanteuse du groupe extrêmement populaire Banda Eva, propose ici un hommage à un personnage dont on pouvait douter de la présence dans le panthéon de cette star brésilienne, Jards Anet da Silva , dit Macalé. S’enchainent, des versions assez lisses des compositions d’un des acteurs les plus actifs de bande du mouvement tropicalia..

10. Atropelado (feat. Alzira E) – Os Amanticidas – 2:24 – Teto – 2020
11. Aluno – Vovô Bebê – 2:32 – Briga de Família – 2020

Quand on parle des personnages les plus allumés de ce mouvement tropicalia, ce sont de nouveaux groupes fort inspirés par ceux-ci, qui pointent leur nez. Jards Macalé, mais aussi Tom Zé ou Os Mutantes sont les inspirateurs de ces chansons fofolles que n’aurait pas renier un Captain Beefheart brulé par le soleil. Os Amanticidas, dont c’est la première apparition enregistrée officielle et Vovô Bebê, un petit génie de la production, sont les avatars modernes de l’esprit aventurier des 60’s. Accrochez-vous, on navigue en terre bigarrée!

12. O Real Resiste – Arnaldo Antunes – 2:49 – O Real Resiste – 2020

Le poête Arnaldo Antunes sort régulièrement des albums ou en solos ou dans une série de projets collaboratifs divers. Il ne s’agit pas de son meilleur album, mais on y retrouve sa voix étonnamment grave et une honorable verve mélodique qui font son succès.

13. Estranha Toada – Martins – 3:29 – Martins – 2019

On se quitte sur un léger groupe pop qui nous propose des airs gais, chics et entrainants d’un bon niveau.

Hommage à Claude Flagel

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Claude et Lou Flagel en plein enregistrement

Claude Flagel nous a quitté en février 2020. Il avait collaboré avec l’équipe de Djiboutik pour 5 émissions réalisées avec Thierry Noville. Nous lui rendons hommage en rediffusant la première apparition de ce truculent personnage cultivé et puis d’anecdotes sur les ondes de Radio Panik.

C’est en 1965 que sont réalisés les premiers enregistrements de terrain et le label Fonti Musicali se met à publier de nombreux vinyles dès les années 70 avant de se mettre au CD en 1988. Depuis, de nombreuses séries d’enregistrements ont vu le jour, sur la chanson wallonne, les polyphonies pygmées, les musiques congolaises, etc. La liste est bien trop longue pour les citer tous!

Claude Flagel, à l’origine, avec son épouse Lou Flagel, du label Fonti Musicali, vient nous présenter les activités du riche label avec moult anecdotes sur les enregistrements rocambolesques dans le monde entier. Nous n’avons l’occasion d’entendre qu’une petite partie de l’énorme catalogue Fonti Mucali, Claude Flagel reviendra donc bientôt dans Djiboutik!

Introduction par Thierry Noville.

Bonne écoute!

Ci-dessous les liens vers les autres émissions réalisées avec Claude Flagel

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L’odysée des timbres musicaux (04) (Michel Demeuldre & Thierry Noville)

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Le Sénégal, la guinée et le Mali ont connu des siècles de rivalités politiques, religieuses et culturelles jusqu’à la colonisation française puis aux indépendances aux destins politiques et culturels divergents.

Nous comparerons les esthétiques religieuses, politiques et ethniques dans cette aire des empires Mandingues, Peuhls et Songhai.

Bonne écoute!

• Le Sénégal de Senghor où la « négritude » coexistait avec le style chrétien des bénédictins Keur Mousa et les styles des confréries soufis.
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Les Bénédictins Keurs Mosa
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Les Baye Fall
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Super Etoile de Dakar avec un Youssou n’Dour tout jeune

• La Guinée anti-impérialiste de Sékou Touré et les « ballets africains » sur le modèle des ballets soviétiques « Moiseyev »
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Le Ballet Africain

• Le Mali nationaliste de Modibo Keita qui se voulait dans la lignée de l’empereur Soundiata Keita et son Rail Band de la gare de Bamako.
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Le Super Rail Band
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L’épopée de Soundiata Keita

Agenda

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Las Lloronas à Muziekpublique le 13 mars et bientôt dans Djiboutik…

Les concerts et événements autour des musiques du monde égrainés et commentés par l’équipe de Djiboutik.

Bonne écoute!

lun. 02 mars — dim. 08 mars
• BOZAR – Bruselas Flamenco Festival

jeu 5 mars
• CC Jacques Franck – JOLA & Lila – mystical Gnawa ceremony – Cd-release

ven. 06 mars
• PointCulture ULB Ixelles – La Berceuse des disparus | Poésie, chant et danse ouïghours | Mukaddas Mijit
• Art Base – Chapulines – Son Jarocho
• La Tricoterie – Modena City Ramblers

sam. 07 mars
• Café Béguin – Trio Bolingo (CongoleseRumba)
• Université Populaire d’Anderlecht – Tsoukina (Gnawa au féminin)

Djiboutik •• 10/03/2020 : Michel Demeuldre & Thierry Noville : l’odyssée des timbres musicaux : 04

13 > 22 mars
festival Brumm (Bruxelles musique migrante)

ven. 13 mars
• Muziekpublique – Mari Kalkun (Est.) & Las Lloronas (be)
• BOZAR – Old Music – Anatolie – Erkan Ögur (guitare, chant, kopuz), Derya Türkan (kemençe), Karademir (baglama, chant, kopuz)

Djiboutik •• 17/03/2020 : Hommage à Claude Flagel : rediffusion de sa première collaboration

jeu. 19 mars
• Muziekpublique – The Gnawa-Peuhl Connection – Driss Filali et Malick Pathe Sow

ven. 20 mars
• Muziekpublique – Ensemble El Korchi (Maroc/Be) | Jiraan (Syrie/Turquie/Iran/Be)
• Petit Théâtre Mercelis – Kalakan Trio (harmonies vocales basques

dim. 22 mars
• BOZAR – Nowruz

Djiboutik •• 24/03/2020 : Le projet Gnawa de Bruxelles

mer. 25 mars
• L’Os à Moelle – Skank’n’Roll Social Club 8 – Dr. Ring Ding & Band + The Pigeons

ven. 27 mars
• La Station des Rêveurs – Cumali Trio

sam. 28 mars
• Muziekpublique – Safar (Afghanistan)

dim. 29 mars
• Muziekpublique – Sam Reider et The Human Hands

mar. 31 mars
• Ancienne Belgique – Flavia Coelho & Chicos y Mendez
• BOZAR – Aka Trio

mer. 01 avril
• Botanique – Sages comme des Sauvages

jeu. 02 avril
• Ferme du Biéreau (Avenue du Jardin Botanique – 1348 Louvain-la-Neuve) – Violons barbares

Sam. 04 avril
• Muziekpublique – Hans Mortelmans & Monsieur Doumani

Nouveaux CDs + en direct du Mexique « Les carnavals »

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• • Première partie • •
Nouveaux Cds de rentrée

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Morceau – Artiste – minutage – album – année de sortie

1) Fist of Flowers – Antibalas – 7:43 – Fu Chronicles – 2020

Dans la bande du label Daptone Records, beaucoup sont partagés entre Menahan Street Band, Budos Band ou encore The Dap-kings. Il y a, pour l’afrobeat, Antibalas, que nous avons connu en 2012 avec l’album “Dirty Money”. Ils étaient revenus avec “Where The Gods Are In Peace”, un album live mal enregistré. Enfin voici le successeur à “Dirty Money”. Avec un chanteur très très proche de Fela Kuti.

2) Wallet – Anoushka Shankar – 3:30 – Love Letters – 2020

Plus elle avance dans sa carrière, plus Anoushka Shankar de la grande famille des Shankar (Ravi) et demi-sœur de Norah Jones, mature avec bonheur! Ce EP le prouve avec 5 chansons pop indiennes où la fusion se fait très naturellement entre la musique indienne de son père et la pop jazzy de sa sœur.

3) Sukhe Phool – James Yorkston, Jon Thorne, Suhail Yusuf Khan – 5:16 – Navarasa : Nine Emotions – 2020

Encore un exemple de connexion réussie entre musique indienne et pop occidentale. James Yorkston, héros de la musique folk écossaise, rencontre Suhaïl Yusuf Khan, musicien et chanteur basé à New Delhi. L’âpreté du folk se mêle parfaitement aux volutes de la musique indienne.

4) Brasil Patriota – Lucas Santtana – 3:32 – O Céu é Velho Há Muito Tempo – 2019

Nous avions découvert Lucas Santtana en 2012, avec un album electro pop très inspiré “Sem Nostalgia”. Après différentes expériences toujours délicatement produites (le dernier “Modo Avião”, un concept album à propos d’une conversation dans un avion), il nous revient avec un album de splendides chansons acoustiques dépouillées.

5) Febre do Rato – Kiko Dinucci – 3:35 – Rastilho – 2020

Il est un des trois fondateurs du trio “Metá Metá” et un collaborateur régulier de gens comme Elza Soares, Tom Zé ou Jards Macalé.
En solo, il nous offre de la musique brésilienne avant garde avec juste une guitare acoustique. Brésilienne par ces racines et son écriture. Moderne par la manière brute et sauvage d’aborder cette instrument.

6) Cuidei que tinha morrido – Lina_Raül Refree – 4:49 – Lina_Raül Refree – 2020

Cet espagnol, Raül Fernández Miró, né en 1976 a produit non seulement certain des artistes espagnols contemporains favoris de l’émission : Sílvia Pérez Cruz ou Rocío Márquez, mais aussi des gens comme Lee Ranaldo (des rockers bruitistes de Sonic Youth) et des albums solos expérimentaux. Ici, il s’acoquine d’une chanteuse de fado Lina Rodrigues qui espérait donner une nouvelle couleur au fado. Sur un répertoire de classique d’Amalia Rodrigues, Raül Refree apporte une atmosphère quasi gothique qui sublime le pathos exacerbé de ce genre portugais.

7) Lay This Body Down – Sam Lee – 4:48 – Old Wow – 2020

Ce chanteur folk possède une voix incroyable, qu’il maitrise sans en avoir l’air à la perfection. Ayant commencé avec un répertoire de chansons gitanes anglaises enregistrées de manière assez simple, mais déjà avec un angle d’approche nouveau, le voilà maintenant par Bernard Buttler. Un guitariste qui s’est fait connaître pour sa participation au groupe Suede, qui donnait dans l’alternatif romantique flamboyant des années 1990. Il faut effectivement percer la carapace de production rock décadent, à la Nick Cave, pour retrouver la pureté de l’artiste. Cela nécessite quelques écoutes, mais vaut la peine!

8) Allema Timba – Alogte Oho and his Sounds of Joy – 4:40 – Mam Yinne Wa – 2019

Dernière sortie de notre label favori Philophon, basé à Berlin, l’album de Alogte Oho nous réjouit encore et toujours! Le son luxuriant très spécifique de la production va commencer bientôt à nous lasser, mais ce n’est pas encore le cas. On écoute et réécoute chaque titre pour découvrir chaque nouveau son émergeant de ce reggae afro-psychédélique irrésistible!

• • Deuxième partie • •

Aymeric en direct du Mexique nous parle des carnavals au Mexique et en particulier de celui de Tenosique, ville depuis laquelle il nous appelle.

>> La danza maya del Dios Pocho

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Le festival Grecomania

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Le festival Grecomania nous fait vivre la culture grecque pendant deux jours chez Muziekpublique. Ce sont Ismine et Miha qui vienne nous présenter ce moment festif.

Les charmants musiciens de la nouvelle vague du folk grec du groupe Kadinelia, Evi Seitanidou & Athanas Zikas, sont venus avec leurs guitares pour nous enchanter de leur folk énergique pour deux moments live et parler succinctement du processus de création au cours duquel ils mélangent la tradition grecque avec une kyrielle d’autres ingrédients.

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FESTIVAL GRECOMANIA
Muziekpublique : Théâtre Molière (Galerie de la Porte de Namur)
3 Square du Bastion – 1050 Bxl

• Le vendredi 21 février 2020 – 20h00
Nikos Christidis & Ria Ellinidou
Prigipessa Ensemble
Musique live au bar : danse & mezzes

• Le samedi 22 février 2020 – 20h00
Thanos Stavridis
Kadinelia
Musique live au bar : danse, mezzes et grande fête

>> Réservations vendredi 21 février
>> Réservations samedi 22 février

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